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Pour la prospérité
Roger Milla retrace son itinéraire

C’est un ouvrage paru à compte d’auteur aux éditions « Cœur d’Afrique », une maison d’édition de la fondation qui porte le même nom ; une Ong créée par Roger Milla.

Le meilleur footballeur africain du 20ème siècle a commis un ouvrage qui retrace son parcours de footballeur exceptionnel ; mais aussi son enfance, sa scolarité et surtout la reconnaissance de la patrie au digne fils qu’il est. «  L’Epreuve de ma foi, ou l’histoire d’un buteur devenu ambassadeur » rapporte l’histoire du phénomène Milla, une bonne recette à consommer absolument. Son Excellence Monsieur l’ambassadeur le résume en quatrième de couverture du livre : « la notoriété est un vrai ouvrage de patience. J’attends de longues années pour le mériter. C’est le fruit d’une grande dévotion, de la foi qui m’anime ».

Les livres saintes définissent la foi comme l’assurance de ce qu’on espère et la conviction de la réalité de ce que l’on ne voit pas. Roger Milla avait l’espoir que le métier de footballeur l’aiderait à se faire une vie respectable ; et la conviction d’inscrire son nom en lettre d’or dans les annales du sport roi. En cela, le titre de son livre se justifie clairement. Il le dit dans l’introduction de son ouvrage avec des termes anecdotiques et prophétique : « c’est mauvais lorsqu’on se laisse dominer par ses émotions, son travail peut en pâtir. Je ressemble étrangement au laboureur qui attend le fruit de la terre, prenant patience à son égard jusqu’à l’avènement des pluies de la première et de l’arrière saison.  Tous ces trésors de patience que je déploie pour atteindre la cime ont pour fondement la confiance mesurée qui m’anime. Chaque pas que je fais, poursuit- il, compte énormément à mes yeux. Je suis heureux de supporter patiemment toutes ces épreuves ; car après être éprouvé, je reçois la couronne de vie. On ne peut mentir contre la vérité, la stricte vérité. Nul n’est capable d’empêcher le futur de se réaliser, d’arriver. Je vis désormais en paix avec ma conscience, a – t – il conclu ».

En 226 pages du Tome I de l’histoire de l’homme, Roger Milla a fait la passe à trois partenaires de taille : le président de la Fédération International de Football Association (Fifa), Joseph Sepp Blatter le préfacier ; Gérard Dreyfus journaliste sportif à Radio France International (Rfi) pour l’avant – propos et, Nlend Paul, le premier capitaine des Lions Indomptables a rédigé la postface. Ils sont unanimes sur une chose qui est devenue un adage, les paroles s’envolent les écrits restent ; pour dire qu’il était absolument indispensable que Roger consigne son histoire dans un livre pour servir de témoignage aux générations futures.

Louis Noé Mbengan

 

Extraits :

Chapitre 8

« Une malédiction étonnante »

Personnage ambigu, un profond sentiment d’amertume subsiste après le fait. Je reconnais ma faute, mais il ne peut en être autrement.

Maman Sarah est une quinquagénaire. C’est un personnage difficile à cerner. Elle traverse à pas lents, la grande cour du village qui fait office de stade de football aux jeunes du coin. Emporté par la passion du jeu, je shoote un ballon qui se dirige vers elle, renverse le plat de nourriture qu’elle transporte sur sa tête. Action faite par inattention, je viens de me mettre outre mesure dans une situation où on ne peut que se sortir à grand peine.

Dans l’impossibilité de récupérer quoi que ce soit, des gros morceaux de porcs enveloppés de sable ou des grains de riz confondus à la roche, et la fameuse sauce tomate qui emprunte la couleur du sol, elle ne compte plus sur rien pour assurer sa pitance journalière. Ce repas comme cela date de quelque temps, lui est gracieusement offert par une âme généreuse, bienfaitrice, soucieuse de son incapacité à se procurer un moindre bout de pain. Elle vit seule, ne compte que sur la solidarité pour assurer sa survie.

Dans son accès de colère, elle est aux abois, profère des paroles désagréables. Les plus retentissantes « tu ne feras que ça toute ta vie… » viennent enfoncer le clou. Voilà une fois de plus ce football décrié et combattu par les parents vient de ma coûter abominablement cher.

Je suis adolescent et compte que douze ans. Mes excuses sont inadmissibles. On explique facilement l’acuité de la douleur qu’éprouve la vieille femme.

Maman Sarah aux yeux de la famille a raison de manifester en parole sa colère. Parce que je lui cause un préjudice énorme. Un arrière goût d’amertume m’envahit, d’autant que le mal est infini. La vieille dame en fait un grand bruit, j’ai chaud, suis confus de mon erreur. Les dés sont jetés, c’est décidé. Elle ne souhaite revenir en arrière. « Lorsqu’on a craché, ce n’est plus pour avaler », surtout en Afrique où les propos de cette nature ont toute une signification. Qui pis est lorsqu’ils viennent d’une femme, d’un âge considérable; « ce que femme veut, Dieu le veut… » C’est aussi vrai « la langue, aucun homme ne peut la dompter. C’est un mal qu’on ne peut réprimer, elle est pleine d’un venin mortel…et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu.

De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction… »

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