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Soutien scolaire aux enfants démunis

La solidarité agissante de l’AFC.

La cérémonie était la même partout : brève et poignante. M. David Mayébi, président de l’Association des footballeurs Camerounais (AFC) s’est voulu clair et précis. A l’attention des chefs de quartiers de l’arrondissement de Douala 2e il délivrait le message suivant : “Je ne suis pas en campagne électorale ; mes propos ne sont pas ceux d’un discours politique. Je remplis une mission inscrite dans le volet social de l’AFC : former une chaîne de solidarité entre les composantes de la société pour favoriser l’éclosion des génies et pour que les grands hommes et femmes émergent pour le bien-être de notre pays et de l’humanité entière. Ce que l’AFC offre à nos enfants aujourd’hui est sans doute symbolique; mais je souhaite qu’on retienne que la manière de donner vaut mieux que ce que l’on donne. C’est un élan de cœur”.
Aux élèves démunis à qui les fournitures scolaires étaient destinées, il rappelait les péripéties de son enfance et le soutien des aînés qui l’ont aidé à allier études et football. Il déclarait en substance qu’“un enfant éduqué est un homme qu’on gagne. Jouez au football et allez à l’école. Même si les conditions de vie sont difficile, ne vous livrez jamais à la drogue, au vol, à la prostitution, à l’alcool au tabac et aux mauvaises compagnies. Soyez toujours positifs en vous disant que c’est difficile, mais j’y parviendrai”.
Le président de l’AFC a rappelé à chacune des étapes que, orphelin de père, son frère aîné Isaac Bassoua et lui n’auraient peut-être pas réussi à être ce qu’ils sont si les bonnes volontés comme MM. Tchoundja, Fampou Dagobert, David Tongo et bien d’autres n’avaient pas eu à leur endroit un élan de cœur. Le scénario est pratiquement le même en ce qui concerne les anciens internationaux et membres de l’AFC qui l’accompagnaient. Il s’agit entre autres de Moungam Dagobert dit Beretta ; Tchobang Simon, Mboyon, etc. Dans la discipline, cette génération d’anciens footballeurs a réussi à développer en chacun des valeurs morales qui ont abouti à la création de leur syndicat, l’Association des footballeurs camerounais pour, non seulement la réinsertion sociale des anciens footballeurs, l’encadrement multiforme de ceux encore en activité, mais aussi montrer les voies de succès à ceux qui aspirent à pratiquer ce métier. Cette riche expérience des anciens internationaux ne pouvait aboutir qu’aux orientations qui laissent entrevoir de bonnes perspectives. La devise de leur mouvement traduit d’ailleurs leur ferme volonté : solidarité, responsabilité ; dignité.

Plus de 1.000 élèves concernés

L’arrondissement de Douala IIe, unité administrative choisie comme regroupement pilote pour cet élan de cœur, l’aura été pour la simple raison que c’est l’arrondissement de feu David-Dagobert Fampou, un homme de cœur et de Union sportive de Douala, Kamakaï Nassaras. Nous pouvons dire, en d’autres termes, que c’est le village des David Mayébi, Me Denise Fampou, Simon Tchobang, Mboyon et bien d’autres membres actifs de l’AFC.
L’idée est partie du fait que, individuellement,  Me Fampou Denise et David Mayébi venaient régulièrement en aide aux nombreux enfants et parents qui les sollicitaient qui, pour l’achat des fournitures scolaires, qui pour une pension scolaire inachevée ou une tenue qu’on arrivait pas à confectionner. Il leur a donc semblé judicieux de mener une action concertée et coordonnée afin d’atteindre une frange plus large des familles démunies. C’est alors que chaque chef de quartier ou regroupement a recensé 50 cas parmi les plus démunis pour toutes les 33 chefferies de l’arrondissement de Douala IIe. Il fallait attendre quelques jours après la rentrée scolaire prévue le 04 septembre 2006 pour dresser des listes avec un peu plus d’objectivité. Car les enfants les plus démunis sont facilement identifiables deux semaines après la rentrée scolaire. Sur la base de ces listes c’est plus de 1500 élèves qu’il faut venir en aide. Seulement, une demi-douzaine de chefferies ont fait parvenir leurs listes au moment où la caravane s’apprêtait à se mettre en route pour procéder à la distribution des fournitures à ceux dont les listes avaient été acheminées un peu plus tôt. Mais de l’avis des deux bonnes volontés, le cas des élèves dont les listes ont accusé un retard sera réglé dans un très bref délai pour permettre à ces élèves de se rattraper.

Sur les pas des anciennes gloires

Les anciens footballeurs membres de l’AFC qui accompagnaient leur président David Mayébi et Me Denise Fampou servent de témoignages vivants qu’il est possible de lier sport et études. Car en effet, outre le fait que la plupart des membres de l’AFC ont fait la gloire de leurs clubs et de la nation toute entière, ils ont réussi leur insertion sociale en dehors des aires de jeu.
Pour citer quelques exemples, David Mayébi le président de ladite association a atteint le niveau de haut cadre de banque. Le secrétaire général Timothée Mackongo est ingénieur de formation et de profession ; Oumarou Inoua ; Ekoulé Eugène sont des cadres d’entreprises ; Isaac Bassoua ; Simon Tchobang ; Edmond Enoka ; Tonye Paul, etc., ne se sont pas posé trop de questions une fois qu’ils ont accroché les godasses. Ils étaient d’ailleurs recrutés étant footballeurs. Chacune de ces anciennes gloires et bien d’autres voudraient montrer aux jeunes, surtout ceux issus des familles démunies, qu’ils peuvent s’en sortir par la force du travail et du soutien social des âmes de bonne volonté.
Mieux que quiconque les membres de l’AFC sont plus susceptibles à parler à nos enfants pour qu’ils ne se plongent pas dans le désespoir. Ils ont parcouru toutes les étapes d’une bonne ascension sociale d’un enfant pauvre qui veut être utile à sa société sans tricherie, sans alcool ni drogue. Aujourd’hui ils ont des distinctions honorifiques de chevaliers et commandeurs de l’ordre de la valeur du Cameroun grâce aux trophées qu’ils ont remporté parce qu’il ont cru à l’idéal du plein épanouissement.
La solidarité qu’ils témoignent aux enfants démunis peut se résumer en une phrase : “aux dignes enfants, la patrie reconnaissante”.

Louis Noé Mbengan

Mme Jeanne Tchoundja née Ndounke Yata, marraine de l’événement

Je continuerai à soutenir cette action humanitaire

Le Journal de l’AFC : Mme Jeanne Tchoundja, qu’est-ce qui vous amène à soutenir l’action de l’AFC et Me Denise Fampou ?

Mme Jeanne CHOUNDJA: Je soutiens l’action de David Mayébi et Me Denise Fampou d’abord parce qu’ils sont des enfants de New-Bell ; ensuite parce que le président Mayébi a bénéficié des fournitures scolaires achetées par Fampou Dagobert et Me Denise veut poursuivre l’action de son père.
Tout ceci pour dire que depuis le décès de M. Fampou, les enfants de New-Bell et de tout l’arrondissement de Douala IIe sont délaissés, abandonnés à eux-mêmes, sans moyens parce que pour les uns, leurs parents n’en ont pas ; pour les autres, ils sont orphelins. Il me semble donc important que, mère d’enfants que je suis, j’apporte un soutien moral à cette action qui permet à beaucoup d’enfants de pouvoir s’offrir un cahier, un sac ; car je sais ce que signifie le stress de la rentrée scolaire pour un parent qui n’a pas de quoi envoyer ses enfants à l’école. Je continuerai à soutenir cette action qui apporte un brin d’espoir aux enfants de Douala IIe.

Le Journal de l’AFC : Les deux initiateurs de cette action disent qu’elle n’a rien de politique…?

Mme Jeanne CHOUNDJA: Lorsque M. Mayébi et tous les autres enfants de plusieurs générations bénéficiaient du soutien de Fampou Dagobert ou de Samuel Kouam, s’agissait-il de la politique ? Je crois que non. C’est la continuité de cette action humanitaire dont je parle. Est-ce qu’ils ont cherché à savoir de quels partis politiques militent les parents de ces enfants ? Non. Soyons sérieux ! Que les gens ne nous distraient pas et qu’ils mettent de côté leur démagogie lorsqu’il y a des actions concrètes sur le terrain pour aider nos enfants. Qu’on laisse ces petits-enfants croire en leur avenir dans le sport et à l’école.

Le Journal de l’AFC : Que dites-vous aux élites de New-Bell et à ceux que vous appelez démagogues?

Mme Jeanne CHOUNDJA:L’exemple de David Mayébi et Me Fampou n’exige pas qu’on soit cadre politique. Il suffit de porter son regard et son cœur sur ceux qui souffrent, si on a la bonne volonté, on agit. Les élites de Douala IIe devraient se joindre à eux ou alors mener d’autres actions de ce genre afin que les démunis sortent vraiment de l’indigence.
Propos recueillis par L.N.M.


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